Elle est alléchante, elle est rassurante, et surtout, elle est de plus en plus présente.
Pensez-y :
C’est tellement plus facile de commander à manger plutôt que de cuisiner.
C’est tellement plus facile d’ouvrir Plans pour trouver son chemin plutôt que de se repérer de manière autonome.
C’est tellement plus facile d’utiliser ChatGPT pour obtenir une réponse plutôt que de la chercher nous-même.
Mais cette facilité gagnée ne vient pas sans contrepartie : elle a pour conséquence première de nous déshabituer à l’effort et surtout, à la prise de risques. Pourquoi je vous parle de ça aujourd’hui ?
Parce que je me suis rendue compte de l’impact que cela avait eu sur moi.
Il y a 7 ans, quand je débutais sur les réseaux sociaux, je n’avais aucun mal à prendre publiquement position sur des sujets sociétaux ou politiques. J’ai toujours perçu les réseaux sociaux comme un moyen de diffuser des messages et d’utiliser sa voix pour faire bouger les lignes. Mais depuis quelques mois, et avec ce qu’il se passe au niveau politique et géopolitique, j’ai choisi la facilité. Celle de ne pas parler, celle de ne pas me positionner, celle de ne pas me “mouiller”.
Pourquoi ? Parce que prendre position, c’était prendre le risque de déplaire. De décevoir. D’être attaquée. Il était plus facile de ne pas prendre ce risque. Et puis je me suis demandée ce qui allait se passer si tout le monde pensait comme moi. Si on finissait par évoluer dans un monde où l’on préfère se taire face à l’injustice, face à la menace de nos droits, par peur des répercussions.
Ce n’est pas un monde dans lequel j’ai envie de vivre.
Alors je vais mettre de côté la facilité, au profit de la responsabilité.
La responsabilité que nous avons toutes et tous, aujourd’hui, à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger la démocratie.
Cette Newsletter n’a pas pour ambition de convaincre les électeurs du Rassemblement National que le programme défendu par Jordan Bardella est xénophobe, autoritaire, et soutenu par aucun économiste tant les propositions sont irréalisables (mais je le précise quand même parce que ça ne fait pas de mal).
Non.
Cette Newsletter a pour ambition de rappeler que la facilité ne sera jamais l’amie de la démocratie.
L’accès à une couverture maladie universelle, ça n’a pas été facile.
Obtenir des congés payés, ça n’a pas été facile.
Se battre pour l’égalité salariale, ça n’a pas été facile (et ce n’est toujours pas terminé).
Ces batailles ont été le fruit de mois, voire d’années, de mobilisation de la société civile. En fait, la majorité des droits que nous avons acquis ne sont pas venus de l’offre politique, mais de la demande des citoyens.
Pas parce qu’ils avaient foi en la politique. Mais parce qu’ils avaient foi en leurs idéaux, parce que le coût du silence était plus élevé que le coût de la possible déception.
Je sais que certain-es d’entre nous sont désillusionnés par la politique. Je sais que c’est plus facile de ne pas voter, que de prendre le risque d’être déçu. Je sais que les procurations sont grave galère à faire et que j’ai dû bloquer une matinée entière pour la faire au commissariat. Mais je sais aussi que la démocratie s’écrit par celles et ceux qui la font. Que l’on a le pouvoir de l’écrire ensemble. Que demain, ce que nos enfants étudieront dans les livres d’Histoire, dépendra des décisions que l’on a prises.
Ceci est un appel à ne pas céder à la facilité.
Il vaut ce qu’il vaut, mais j’espère sincèrement qu’il résonnera auprès de certain-es d’entre vous.
Comme d’habitude, je serai curieuse d’avoir vos retours sur le sujet, sur ce que vous pensez de la mobilisation / non mobilisation des influenceurs que vous suivez, et sur ce que vous aimeriez voir plus sur les réseaux sociaux.
D’ici là, prenez soin de vous la mif ❤️
xx Louise
