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Hello la mif !!
Je crois que c’est la première fois que je prends un aussi long break depuis la création de cette newsletter et ça m’a manqué de vous écrire ! Tout d’abord, je voulais vous souhaiter une très belle année 2026 🤍
Comme chaque mois de janvier, on nous parle de bonnes résolutions, de motivation retrouvée, de cette envie de devenir une version améliorée de nous-mêmes. J’en parlais dans un de mes derniers posts instagram, mais pendant longtemps, j’ai adoré ce moment-là. J’avais même un carnet dans lequel, chaque début d’année, j’écrivais tous les objectifs que je voulais atteindre : mieux manger, faire plus de sport, apprendre une nouvelle compétence, être plus disciplinée, plus productive.
Sur le papier, ces objectifs relevaient de mon choix. Ils me donnaient le sentiment d’agir plutôt que de subir. Mais avec le recul, je me rends compte qu’ils tendaient tous vers la même chose : un idéal de perfection. Comme si l’erreur, c’était de ne pas avoir tout fait et surtout, de ne pas avoir tout fait bien. Alors, chaque année, je me promettais de faire plus et ce “plus” n’était pas anodin. Il venait aussi d’un besoin de validation : avoir l’impression de faire ce qu’il fallait, d’être à la hauteur. D’incarner cette figure très contemporaine de celle qui arrive à tout concilier : carrière, corps, apparence, disponibilité émotionnelle. Et puis un jour, une phrase de Leïla Slimani m’a interpellée :
Les femmes auront gagné non pas quand elles pourront faire plus, mais quand elles pourront faire moins.
On célèbre depuis des années l’idée que les femmes peuvent (et surtout doivent) tout avoir. Comme si c’était ça, l’ultime libération. Sauf qu’en réalité, rien n’a été remplacé : tout s’est ajouté. Le travail, la charge mentale, les injonctions à être performante partout, tout le temps. Et le pire, c’est qu’on a fini par désirer cet idéal. Celui de la femme qui a tout, qui gère tout, qui a du temps pour tout le monde sauf pour elle-même.
Alors cette année, plutôt que de vous souhaiter de faire plus, j’avais envie de vous souhaiter de faire moins.
Moins de pression, moins de contraintes qu’on ne s’est jamais vraiment choisies, mais mieux; et surtout, de vous rappeler une chose essentielle : votre valeur ne diminue pas quand vous ralentissez ❤️
Maintenant, place aux recos de la semaine.
Je vous en avais parlé en fin d’année dernière et c’est enfin en ligne : Got to Dance, le remake produit avec YouTube et Banijay d’une des plus grosses émissions de danse. Mon premier film de danse au cinéma c’était Sexy Dance 3 quand j’avais 11 ans. Je me souviens être sortie de la salle complètement transportée par leur énergie, leur talent, leur passion. Depuis, j’ai bien grandi, je fais de la danse depuis plus de 20 ans et je suis assidûment l’actualité des émissions de danse en ligne et sur des chaînes internationales. Dix-sept ans plus tard, j’avais envie de raviver ce sentiment et de donner envie de rêver à nouveau et surtout, de mettre enfin les danseurs français sur le devant de la scène. Got to Dance, c’est une compétition, mais surtout un format pensé pour célébrer la personnalité, l’aura et l’identité des danseurs, au-delà de la technique la première partie est dispo sur YouTube, j’espère qu’elle vous plaira !
Je ne suis pas particulièrement fan de BD, mais il y a une exception : celles de Liv Strömquist. Je l’avais découverte avec son ouvrage sur l’amour (La rose la plus rouge s’épanouit) et depuis j’ai lu quasiment tous ses livres. Je suis fascinée par sa capacité à créer des ouvrages denses, sourcés, qui questionnent tout en étant divertissants ! À chaque nouveau livre, elle réussit à mettre des mots sur des injonctions qu’on a tellement intégrées qu’on ne les voit même plus. Dans La Pythie vous parle, elle s’attaque à une tyrannie assez particulière : celle du « fun ». Bien manger, bien dormir, faire du sport ne suffit plus. Il faut être heureux, s’épanouir, avoir une vie sociale riche, savoir s’amuser, méditer, optimiser sa santé, activer ses muscles profonds, arrêter le gluten. L’épanouissement devient une obligation morale. Avec son humour acide et son armée de références philosophiques, historiques ou encore sociologiques (Adorno, Eva Illouz, Hartmut Rosa, Bauman…). Elle nous montre comment cette injonction à profiter de la vie est tout sauf anodine : le divertissement n’est plus une fin en soi, mais un moyen néolibéral de vendre toujours plus de solutions à des individus sommés d’aller bien seuls. Le paradoxe, c’est que s’amuser ne peut pas être une injonction. Ce n’est ni un ordre, ni une performance. C’est précisément une irruption imprévisible, incontrôlable tout ce que notre époque cherche à maîtriser.
C’est en voyant des photos sur Insta que j’ai eu envie d’aller voir cette expo : Paname de Bilal Hamdad. On y voit des peintures à l’huile assez monumentales qui représentent des scènes de vie contemporaine parisiennes : des jeunes en terrasse, une femme dans le métro ou encore des portraits. Rien de spectaculaire à première vue et pourtant j’ai été happée par ces images et j’ai eu envie d’aller en voir plus.
J’ai pas été déçue, l’exposition du travail de Bilal Hamdad se mélange aux collections permanentes du Petit Palais et le parcours est vraiment chouette. Gros point fort de l’expo : les cartels expliquent les références à l’histoire de l’art qui structurent les tableaux comme un pont entre notre vie quotidienne et notre patrimoine artistique. Ça fait du bien de voir ce genre d’exposition qui nous invitent à changer de regard sur notre environnement et un quotidien auquel on s’est tellement habitué qu’on n’y fait plus vraiment attention.
Bon dimanche :)
xxx
Louise
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