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Hello la mif,
J’espère que vous avez allez bien !
Est-ce que vous aussi, cette semaine, vous avez commencé à sentir que l’énergie du retour de vacances s’éloignait doucement ? Que les semaines d’hiver passées nous avaient petit à petit un peu essorés ? Les nuits plus courtes, les réveils qu’on snooze à répétition et cette sensation de ne jamais vraiment récupérer.
Du coup, j’étais vraiment ravie de pouvoir enfin vous proposer un épisode d’InPower consacré au sommeil avec le docteur en neurosciences Thomas Andrillon. Parce que c’est un sujet qu’on traverse tous, mais souvent en silence. On se dit que c’est “normal”, qu’on fera mieux plus tard, qu’on rattrapera le week-end. Alors que le sommeil structure énormément nos vies : notre énergie, notre humeur, notre capacité à réfléchir, à ressentir, à décider.
Dans cet épisode, on a vraiment pris le temps de décortiquer ce qui se joue pendant qu’on dort. J’ai compilé toutes les questions que vous m’aviez partagées sur le compte insta d’inpower. On parle de nuits hachées, d’insomnies, de fatigue chronique, mais aussi de culpabilité à “mal dormir”, de pression sociale à être toujours fonctionnel, et de l’idée absurde selon laquelle dormir serait presque une faiblesse.
Ce que j’ai aimé dans cette conversation, c’est qu’elle permet de se poser des questions différemment : Thomas met de la nuance là où on cherche souvent des réponses toutes faites. Il nous rappelle qu’il n’existe pas un “bon sommeil” universel, que nos besoins évoluent, et que comprendre ce qui se passe quand on dort mal est souvent déjà un premier pas pour aller mieux. J’espère qu’il vous servira et vous fera autant de bien qu’à moi ! 😴
C’est pas la reco la plus originale que je ferai sur cette newsletter parce qu’il faut vraiment vivre dans une grotte pour ne pas avoir vu passer l’énorme promo de Pierre Niney pour Gourou. (D’ailleurs, j’ai enfin pu lui poser une question lors de la projection de l’avant-première.) Mais ce film m’a particulièrement plu, et surtout, il a profondément résonné avec les questions qui me travaillent depuis longtemps. Gourou raconte l’ascension d’un coach ultra-charismatique, devenu la figure centrale d’une communauté en quête de sens. Pas une secte caricaturale, pas un illuminé vivant à l’écart du monde : au contraire. Tout est très contemporain. Des salles pleines, une mise en scène millimétrée, des prises de parole au cordeau pour électriser les foules. Ce que le film montre très bien, c’est à quel point notre époque est un terrain fertile pour ce type de figures. Quand la politique, la religion ou les institutions ne jouent plus leur rôle de boussole, la quête de sens se déplace ailleurs. Et le gourou moderne n’arrive plus avec une religion, mais avec une méthode, une promesse, un récit : “tu peux devenir la meilleure version de toi-même”.
Et surtout, le film pose une question qui me semble centrale : comment en est-on arrivé à sacraliser la réussite individuelle au point de rendre chacun entièrement responsable de ses échecs ? Si tu vas mal, c’est que tu n’as pas assez travaillé sur toi. Un récit d’une violence folle, qui rend vulnérable à tous ceux qui vendent des solutions miracles (je vous prépare un format plus long pour en parler qui arrive très vite …)
J’ai découvert récemment la maison d’édition Steinkis et je suis assez admirative de leur travail. Leur catalogue prend le parti du temps long, de la rigueur documentaire et de proposer des bandes dessinées qui font réfléchir. En faisant le lien entre des histoires individuelles et l’Histoire, l’intime et le politique, l’expérience vécue et les grandes structures de pouvoir.
C’est exactement ce que fait Sois femme et tais-toi : dans l’œil de Delphine Seyrig.
La BD raconte comment Delphine Seyrig, actrice admirée et longtemps enfermée dans une image d’icône silencieuse, met progressivement des mots sur un malaise : la place faite aux femmes au cinéma, la manière dont leurs corps sont filmés, leurs rôles pensés, leur parole contenue. Le récit avance par strates, en faisant dialoguer son parcours avec celui de sa mère, femme libre empêchée. Comme si comprendre ce qui nous arrive passait aussi par ce qui a été refusé aux femmes avant nous. On traverse les années 70, le Manifeste des 343, le travail avec Chantal Akerman, le refus de continuer à jouer le jeu qu’on lui a longtemps imposé.
Une BD qui rappelle que, pour beaucoup de femmes, devenir féministe n’est pas un mot d’ordre : c’est une lucidité qui s’impose, lentement, avant de devenir une évidence !
Ça commence ce week-end et ça se termine fin mai, au Jeu de Paume à Paris.
L’exposition Global Warning permet de (re)découvrir le travail de Martin Parr, l’un des photographes documentaires les plus connus au monde. Même si son nom ne vous dit rien, ses images, elles, vous parleront forcément. Depuis plus de cinquante ans, Martin Parr photographie le quotidien : les vacances à la plage, les touristes, les supermarchés, les objets qu’on consomme, les foules, les écrans.
Sa particularité ? Des couleurs très vives, un flash frontal, un regard à la fois drôle et dérangeant. On sourit souvent en regardant ses photos, parce qu’elles sont familières, parfois absurdes. Puis on comprend qu’elles parlent de nous : de notre rapport au loisir, à la consommation, à la nature, à la technologie. L’exposition montre comment, bien avant que ces sujets ne deviennent centraux, Parr documentait déjà le tourisme de masse, la surconsommation, l’occupation frénétique du temps libre, et les effets de la mondialisation sur nos modes de vie. Il ne photographie pas “les autres” : il se place toujours à l’intérieur du cadre, comme un observateur mais aussi comme sujet. Si vous n’avez pas l’occasion d’y aller et que vous voule en apprendre plus vous pouvez retrouver son passage dans le 28 minutes d’ARTE en novembre dernier (un mois avant de nous quitter) ou encore le documentaire qui lui est consacré sur France TV.
Bon dimanche :)
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